Extrait de l’article de Acteurs Publics

Alors qu’aucun président en titre n’est encore nommé à la tête du Conseil national du numérique (CNNum), Amal Taleb et Guy Mamou-Mani, les deux vice-présidents de l’instance, viennent de remettre leur démission. “Lassé” d’attendre les arbitrages du secrétaire d’État au Numérique, Guy Mamou-Mani dénonce “un problème de gouvernance”.

Et de trois. Après l’universitaire Sophie Pène en juillet, c’est le chef d’entreprise Guy Mamou-Mani et la juriste Amal Taleb qui viennent de jeter l’éponge en démissionnant du Conseil national du numérique (CNNum) le 4 octobre. Tenus à distance par le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, les trois vice-présidents par intérim ont fini par perdre patience. La séance plénière prévue ce 6 octobre a donc été annulée, le Conseil étant désormais dans l’incapacité de se réunir.

Sans président en titre depuis le départ de Mounir Mahjoubi -qui occupait ce poste- pour rallier l’équipe du candidat Emmanuel Macron en janvier, le CNNum fait désormais figure d’aiguilleur dans le brouillard . Un comble alors que les avis de cette instance consultative composée de représentants d’entreprises et de la société civile s’avèrent souvent très éclairants pour guider les choix des pouvoirs publics.

Patiemment, ses 30 membres bénévoles ont attendu l’arrivée du nouveau gouvernement pour savoir quel nouveau rôle ils seraient amenés à jouer. Puis l’été a passé. Mais la réponse officielle n’est jamais venue. Logiquement, des rumeurs se sont mises à circuler, prédisant soit une aspiration du CNNum par le cabinet du ministre soit au contraire un contournement assumé d’une instance devenue subitement inutile.

“Je ressens une grande lassitude vis-à-vis de de cette non-information et je suis arrivé au bout du sujet”, commente auprès d’Acteurs publics Guy Mamou-Mani, qui était officiellement candidat pour prendre la tête du CNNum depuis le mois de juin. “Ce qui m’a usé, c’est la façon dont nous sommes considérés par le secrétariat d’État depuis des mois. Sophie Pène a ressenti la même chose avant de remettre sa démission. Trois mois plus tard, je suis dans cet état d’esprit moi aussi”, confie le vice-président démissionnaire

C’est finalement par voie de presse que les informations ont filtré. Dans Le Monde, le 4 octobre, Mounir Mahjoubi fait ainsi savoir qu’il a choisi son successeur à la tête du CNNum, et que “ce sera une femme”. Le secrétaire d’État explique avoir eu “plein d’urgences à gérer” avant de pouvoir se consacrer à “repenser le rôle” de l’instance.

“Maintenant que nous avons un gouvernement plus numérique qu’avant, il nous faut un Conseil encore plus stratège, qui identifiera chaque année un à deux sujets à traiter sur le long terme, permettant à l’État d’avoir un temps d’avance”, détaille Mounir Mahjoubi, qui cite à titre d’exemples la blockchain (technologie de stockage et de transmission de données sécurisée) et l’intelligence artificielle

Le secrétaire d’État souhaite également “remodeler à la marge” le CNNum, en associant plus étroitement les 10 membres du “collège élargi” composé de députés, de sénateurs et de maires, qui n’étaient “pas informés des travaux du Conseil”, selon lui. “Il faut qu’ils soient plus proches sans remettre en cause l’indépendance de cette instance”, poursuit Mounir Mahjoubi.

“Eh bien voilà la preuve qu’il y a bel et bien un problème de gouvernance, puisque la journaliste du Monde a eu plus de chance que moi en obtenant des informations que je n’avais pas moi-même, en tant que vice-président du CNNum !” ironise Guy Mamou-Mani. Selon Le Monde, le cabinet du secrétaire d’État aurait reçu une dizaine de candidatures pour accéder à la présidence de l’instance. Outre Guy Mamou-Mani, figure Philippe Rodriguez, qui dirige Avolta Partners, une banque d’affaires spécialisée dans le numérique.

Délégation présidentielle

Mais pour coller au profil de femme souhaité par le secrétaire d’État, c’est Marie Ekeland qui, sans conteste, tient la corde. La fondatrice de Daphni, un fonds de capital-risque spécialisé dans le numérique, siège déjà au CNNum. Signe qui ne trompe pas, c’est elle qui a fait partie de la délégation présidentielle lors du sommet du numérique organisé à Tallinn, en Estonie, le 29 septembre.

“Si on m’avait annoncé il y a plusieurs mois que Marie Ekeland était choisie, j’en aurais été ravi, et pour elle et pour le CNNum, car elle est pleinement légitime”, reprend Guy Mamou-Mani, qui assure que sa démission n’a aucun lien avec cet article du Monde. “J’ai pris ma décision la semaine dernière, estimant qu’on ne peut pas traiter les gens comme cela si longtemps. Cette ambiance n’est pas pour moi. Tout cela passera et le CNNum continuera sans moi.”

Sollicités par Acteurs publics, ni Marie Ekeland ni le cabinet de Mounir Mahjoubi n’ont donné suite.

À partir de l’adresse <https://www.acteurspublics.com/2017/10/05/nouvelle-gouvernance-en-vue-au-conseil-du-numerique-sur-fond-de-crise>

 

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